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Du gin et des eaux-de-vie hyperlocaux produits au Lac-Saint-Jean

Dès l’automne, la microdistillerie Beemer commencera la distribution d’alcools produits en partenariat avec des producteurs locaux. Dans un premier temps, les consommateurs pourront goûter à un gin 100 % jeannois, avant d’essayer les eaux-de-vie à base de bleuets, de camerises et de canneberges, qui prendront un peu plus de temps à élaborer.

« Dès que l’on recevra notre nouvel alambic de 550 litres, on commence la production », lance d’emblée Philippe Harvey, un des sept propriétaires de la microdistillerie Beemer, qui possèdent également la microbrasserie du même nom. L’homme, qui développe ses recettes d’alcool depuis près de 10 ans, attend impatiemment l’arrivée de cette machine nécessaire à la production d’alcool, qui aurait dû arriver il y a déjà deux mois. Dans l’usine de production, le plafond est déjà percé pour accueillir cet alambic de 14 pieds de hauteur, qui servira à distiller le moût. Par la suite, un autre alambic de 150 litres sera utilisé pour faire l’affinage.

Alors que la majorité des microdistilleries de la province achètent une base d’alcool neutre en Ontario, pour produire des gins ou des vodkas par exemple, les entrepreneurs de Roberval souhaitent plutôt produire un alcool local de A à Z. « Notre objectif, c’est de faire rayonner les produits régionaux », note Philippe Harvey.

Beemer achètera donc tous les grains, notamment l’orge, nécessaire à la fabrication du whisky et du gin, auprès de producteurs locaux.

Ce choix augmente les coûts de production, mais l’entreprise a choisi de produire des alcools hyperlocaux pour développer une économie du terroir, ajoute ce dernier. « On veut faire un gin classique, mais avec une twist régional », souligne Philippe Harvey, qui garde le secret sur les aromates locaux qu’il compte utiliser. Mais au lieu de miser sur des agrumes pour aromatiser le gin, Sigrid Nieuwenhuis a mentionné que des espèces locales, comme le rosier sauvage ou encore le vinaigrier, pourraient être utilisées.

Le gin dès l’automne

Dans un premier temps, c’est le gin qui sera disponible à la clientèle, à compter de l’automne. Et par la suite, Beemer compte développer une série d’eaux-de-vie conçues à base de petits fruits de la région, comme le bleuet, la camerise et la canneberge. « Pour faire une eau-de-vie de qualité supérieure, on doit laisser vieillir l’alcool de six mois à un an », remarque Philippe Harvey, pour expliquer le délai de fabrication.

Ces alcools à base de fruits permettront à ce dernier de démontrer l’expertise développée au cours des dernières années, car la fabrication de tels alcools est très complexe, dit-il. « On doit faire en sorte que les levures que l’on ajoute prennent le dessus sur les levures sauvages, ce qui ajoute à la difficulté . »

Beemer planche également sur un projet de valorisation des petits fruits « moches » pour éviter les pertes aux champs et créer de la valeur pour les agriculteurs. « On pense même faire un alcool de saison, qui varierait d’année en année, selon les productions des agriculteurs », remarque Philippe Harvey.

Avec une capacité de fermentation de 20 000 litres, Beemer souhaite développer des partenariats durables avec les producteurs de la région.

Fort de son expertise d’ébéniste qu’il a développée avec son entreprise Bois Beemer, Philippe Harvey compte également produire ses propres barils de maturation, à base d’essences de feuillus régionales, soit le frêne, l’érable, le bouleau, le peuplier, le chêne et le merisier.

En attendant l’arrivée d’un nouvel alambic, les entrepreneurs de la microdistillerie Beemer étaient en train de choisir les formats des bouteilles pour leur alcool lors de la visite du Progrès.

Lorsqu’elle fonctionnera à plein régime, la microdistillerie Beemer compte produire jusqu’à 100 000 bouteilles par année. Les bouteilles de gin devraient se vendre entre 40 et 50 $, alors que l’eau-de-vie aux petits fruits se détaillera à plus de 50 $ pour une bouteille de 375 mL.

En plus de déployer ses alcools au Québec avec le réseau de distribution de la SAQ, Beemer entretient aussi des visées internationales, souligne Jeff Boudreault, acteur et actionnaire de Beemer, connu pour son rôle de Jean Brière dans District 31, notamment.

L’entreprise a d’ailleurs déjà préparé un plan de commercialisation international, de concert avec SERDEX, notamment pour la commercialisation de l’eau-de-vie à base de bleuets, un produit unique au monde. « On veut en faire notre Grappa nationale », ajoute Jeff Boudreault, en faisant référence à l’eau-de-vie italienne faite à base de marc de raisin.

UNE FORMATION POUR LES DISTILLATEURS

Malgré le manque d’inscriptions pour lancer une première cohorte, le Service aux entreprises du Cégep de Saint-Félicien compte toujours lancer une attestation d’études collégiales (AEC) pour former davantage de distillateurs.

« Pour attirer plus de gens, on regarde maintenant une formule où les étudiants pourraient suivre plusieurs cours en ligne avant de venir faire la formation sur le terrain dans les locaux de la microdistillerie Beemer », mentionne le conseiller pédagogique du cégep, Bernard Naud.

Cette formation, qui représente une AEC de 1190 heures en développement des produits du terroir, permettra aux étudiants d’en apprendre davantage sur la chimie de la fermentation, mais aussi sur la gestion d’entreprise.

Selon Philippe Harvey, un autodidacte qui a fait plusieurs stages en Europe, cette formation permettra de répondre au besoin de main-d’oeuvre dans le secteur, tout en formant du personnel qualifié.

La microdistillerie Beemer compte d’ailleurs embaucher trois personnes pour ses opérations.

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L’ENTREPRISE CÉLÈBRE SES DEUX ANS

En attendant les premières bouteilles de spiritueux, la microbrasserie Beemer célébrera son deuxième anniversaire le 1er juin. Un anniversaire fait sur le chemin de la croissance, alors que l’entreprise vient de tripler sa capacité de production pour atteindre 200 000 litres par an.

Avec maintenant 150 points de vente, la microbrasserie compte continuer à croître en rayonnant à partir de sa région d’origine. Après avoir conquis le Saguenay–Lac-Saint-Jean, Beemer se concentre désormais sur la région de Québec, remarque Philippe Harvey. La microbrasserie souhaite d’ailleurs miser sur l’impact d’Horace Beemer pour produire une bière inspirée du territoire de la Capitale-Nationale.

« On mise sur la buvabilité, en offrant une bière accessible, mais qui n’est pas dénuée de goût, pour développer de nouvelles clientèles », dit-il.

Dans la région, la microbrasserie a également mis en marché une nouvelle caisse de huit canettes en partenariat avec les dépanneurs Sagamie.

Source : https://www.lequotidien.com/actualites/du-gin-et-des-eaux-de-vie-hyperlocaux-produits-au-lac-saint-jean-15075f24236097ec2e3bb6b54fcba6b9?fbclid=IwAR1bLTfCKVCh2yvHdVqJETXFXZHI8LmNXvh-tT2MDH27ss36mYfSyVas2VQ

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