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La hausse du salaire minimum fait mal aux producteurs de fraises et de framboises

Plusieurs Québécois attendent fébrilement juin et juillet pour déguster leurs fruits préférés : la fraise et la framboise du Québec. Derrière ces produits traditionnels se trouvent des producteurs affairés, qui eux, malgré l’engouement des consommateurs, ont de plus en plus de difficultés financières et sont parfois contraints à quitter le domaine.

Certains facteurs expliquent la diminution des producteurs de fraises et de framboises au Québec : une compétition féroce avec les produits du Mexique et de la Californie, des difficultés de rendement liées aux conditions climatiques et la hausse du salaire minimum, qui a augmenté de 16 % ces trois dernières années.

«Depuis quelques années, nous voyons une vraie diminution des producteurs au Québec, et c’est sûr que le facteur d’augmentation du salaire minimum est important puisque plus de 50 % des coûts de production sont dédiés à la main-d’œuvre», explique la directrice générale de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, Jennifer Crawford.

Le président de la Ferme François Gosselin, Louis Gosselin, est directement touché par cette hausse du salaire minimum. Puisque les fraises doivent être cueillies à la main, il ne peut réduire son équipe sur le terrain. «Avec l’augmentation du salaire minimum au-delà du coût de l’inflation, c’est la marge de profit qui diminue directement chaque année», déplore-t-il.

Même constat pour le copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot, Guy Pouliot. «La hausse du salaire minimum ébranle l’industrie financière des fermes de fraises et framboises. Avec le salaire minimum qui a passé de 10,75 $ à 12,50 $, il y a eu une perte de 10 % des producteurs», souligne-t-il. Selon lui, les maraîchers devraient subir les mêmes conséquences puisque 40 % de leurs dépenses sont consacrées à la main-d’œuvre.

Lutter pour préserver les produits du Québec

Selon plusieurs producteurs, il serait désavantageux d’augmenter les prix des fraises et des framboises pour combler le manque à gagner. «Les prix sont sensiblement les mêmes depuis les quatre dernières années et c’est très difficile de les augmenter puisque nous sommes en compétition directe avec les fruits de la Californie», explique Louis Gosselin.

Augmenter le prix des petits fruits aurait des répercussions immédiates, croit Jennifer Crawford. «Puisque nous avons beaucoup de producteurs québécois, cela nous donne une place sur le marché, explique-t-elle. Avec une diminution de ceux-ci et une augmentation du prix des produits d’ici, il y a toujours la crainte que les consommateurs se tournent vers les produits exportés.»

À long terme, plusieurs producteurs souhaitent trouver de nouvelles techniques pour augmenter leur productivité; mais à court terme, cela reste très complexe puisqu’ils ne peuvent pas se passer de leur main-d’œuvre. Pour soutenir les producteurs, l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec a demandé de l’aide financière au gouvernement. «On espère que le gouvernement entendra notre message», souhaite Jennifer Crawford.

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LA SAISON DES FRAISES LÉGÈREMENT RETARDÉE

Les fraises devraient réapparaitre sur les comptoirs d’épiceries de la région de Québec vers la mi-juin, soit quelques jours plus tard qu’à l’habitude.

La fonte tardive de la neige et le printemps froid sont les principaux facteurs qui expliquent le retard de la saison des fraises. «Nous sommes légèrement en décalage sur l’année 2018, qui, elle, était aussi tardive», indique le président de la Ferme François Gosselin, Louis Gosselin. Selon lui, ce décalage de quelques jours n’est pas dramatique et ne devrait pas avoir de conséquences sur le nombre de fraises à cueillir.

Cependant, si le retard est conjugué à des canicules cet été, cela pourrait entraîner des répercussions financières. «Plus la saison est retardée, plus les journées sont chaudes et plus les fruits deviennent rouges rapidement», souligne le copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot, Guy Pouliot. Selon lui, s’il y a un plus grand nombre de fraises mures en moins de temps, cela pourrait concentrer la production et créer une pression sur les prix. Même constat pour Louis Gosselin. «Lorsqu’on a une canicule en début juillet, en pleine saison de production, les fruits vont murir plus vite. C’est un peu ce qu’on a connu l’année dernière», explique-t-il.

Un manteau blanc bénéfique

L’année dernière, la variation de température en hiver avait grandement endommagé les plantations. Cet hiver, le manteau de neige continuel a préservé les plantations. «À l’est du Québec, nos plantations ont été très bien protégées puisque la neige est restée au sol», indique Guy Pouliot. C’est aussi ce qu’a remarqué Louis Gosselin, qui est optimiste pour la récolte à venir. «Puisque les champs sont beaux, les rendements risquent d’être bons», affirme-t-il avec confiance.

Source : https://www.lequotidien.com/affaires/la-hausse-du-salaire-minimum-fait-mal-aux-producteurs-de-fraises-et-de-framboises-6b762cab2f42fc92e86d4d03c329e0ae?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook&fbclid=IwAR1F5pAZr1z2PsTdcBlRNCFcNGKrpcYU5G3Dw6avqtghDHoI3SWRn-NHiLI

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