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Une serre nordique avec un rôle éducatif au Cégep de Saint-Félicien

Serre passive, culture de poissons, élevage de poules; des projets menés par les étudiants du Cégep de Saint-Félicien permettent de mettre en place de nouveaux outils pour favoriser l’autonomie alimentaire en région nordique.

Dans une serre passive installée sur le terrain du Cégep de Saint-Félicien, cinq étudiants récoltent des épinards, de la salade, de l’aneth, des betteraves et d’autres légumes. Ils en sont à la première récolte dans le bâtiment érigé à l’été 2018.

Au-delà de récolter des légumes, les étudiants ont mis sur pied un projet scientifique pour optimiser la culture en serre nordique. « On récolte des données chaque semaine pour déterminer ce qui pousse le mieux à différents endroits et selon différents paramètres dans la serre », explique Guillaume Bronsard, qui fait équipe avec Mégan Diotte, Clémentine Scott, Samuel Blue et Gabrielle Mondor pour ce projet réalisé dans le cadre du cours Développement durable.

Ce cours offert aux finissants de la technique en milieu naturel permet aux étudiants d’apprendre à gérer un projet de développement durable de A à Z, soutient Guillaume Maziade, un des enseignants du cours. « Les étudiants peuvent choisir un projet existant ou lancer un nouveau projet.»

Le projet de serre passive, dénommé Alimaculture, en est en fait à sa cinquième année. Au départ, des étudiants avaient rêvé un tel projet, gagnant même un concours en développement durable, tenu à Limoges, en France, pour le concept. Par la suite, les autres cohortes étudiantes avaient notamment ciblé la trentaine de plantes adaptées à ce type d’agriculture.

Pour soutenir l’initiative, le Cégep avait alors pris la décision d’investir 23 000 dollars pour la construction de la serre à l’été 2018. Au fil des projets scolaires menés en 2018-2019, la serre a été aménagée et elle était fin prête pour accueillir des légumes pour la session d’automne. C’est ainsi que 13 espèces de fruits et légumes ont été mises en terre pour une première fois le 31 août dernier.

«Ces projets deviennent porteurs et permettent à nos étudiants de travailler en interdisciplinarité tout en développant leurs compétences en entrepreneuriat », a remarqué Sylvie Prescott, directrice générale du Cégep de Saint-Félicien, en ajoutant que les étudiants en techniques de comptabilité et gestion travaillent sur un plan de financement et de marketing, et que les étudiants en sciences de la nature pourraient éventuellement déterminer une méthodologie pour la culture de légumes en région nordique afin de contrer l’insécurité alimentaire.

Selon Guillaume Maziade, le soutien de l’administration du Cégep est indispensable pour mener à bien ces projets porteurs pour la communauté étudiante et pour l’image de l’institution d’enseignement.

« On est privilégiés, parce que ne n’est pas partout où il y a des serres comme ça, soutient Gabrielle Mondor. C’est tripant de faire pousser des légumes pendant tes cours au cégep.»

« Le but du projet, c’est que ce soit réaliste, encourager d’autre monde à cultiver même l’hiver, ajoute pour sa part Mégan Diotte. L’autosuffisance, c’est quelque chose à quoi j’ai toujours rêvé, et ce cours me permet de gérer toutes les facettes du projet. »

Près de moitié de la nourriture sera utilisée pour l’expérimentation, et l’autre moitié finira en dégustation auprès de la communauté étudiante. La première période de culture hivernale permettra aussi de tester les paramètres de température de la serre.

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ÉLEVER DES POISSONS 

À l’extrémité nord de la serre de 6,7 mètres (22 pieds) de diamètre, des poissons rouges nagent dans un bassin au-dessus duquel pousse un plant de tomates sur un tas de billes d’argile, un système que l’on appelle l’aquaponie.

« Le but du projet est de faire la production de végétaux et de poissons dans un cycle fermé », explique Samuel Diotte, un des membres du projet Piscisplanta, avec Gabrielle Lessard, Laurie Landry et Laurence Laprise. L’eau, qui contient les déjections des poissons, est riche en ammoniaque. Grâce à l’action des bactéries, cette ammoniaque est transformée en nitrite et en nitrate qui peuvent être absorbés par les racines des plantes. Les poissons nourrissent ainsi les plantes, qui à leur tour purifient l’eau pour les poissons.

Pour l’instant, le système n’est pas optimisé, car le projet vient à peine de démarrer. Une portion de l’eau est donc redirigée dans un biofiltre pour traiter l’eau, car un seul plant de tomates était en place. « On veut ajouter d’autres plants plus robustes, comme des fines herbes, des salades, des concombres ou des vignes », soutient Gabrielle Lessard.

De plus, on retrouvait 17 poissons rouges pour démarrer le projet, mais les étudiants souhaitent implanter jusqu’à 100 ombles de fontaine éventuellement. Si tout fonctionne comme prévu, le système pourra éventuellement générer des poissons et des légumes.

DES POULES FONT LEUR ENTRÉE AU CÉGEP

Depuis maintenant un mois, quatre poules ont fait leur apparition sur les terrains du Cégep de Saint-Félicien aux abords de la serre passive, attirant plusieurs curieux, explique Philippe Sarazin, un des étudiants responsables du projet Eco2 responsable, avec Jennifer Isabella et Pamela Parisé.

« Selon une recherche, 25 % des étudiants vivent d’insécurité alimentaire lors de leur première session au Cégep, dit-il. Pour contrer ça, on a eu l’idée de donner des oeufs aux étudiants, en les déposant dans l’Amigo frigo (un réfrigérateur communautaire). »

Avec ce poulailler responsable, les étudiants souhaitent mettre en valeur une partie des résidus de table du Cégep produits à la cafétéria ainsi que les résidus de plantes produites par la serre passive. Les déjections des poules serviront à faire un engrais qui sera réutilisé dans les serres. Ce projet permet aussi de tisser des liens avec d’autres programmes offerts par le Cégep, notamment la technique en santé animale, pour venir soigner les poules au besoin.

Tout comme les étudiants, les professeurs sont très fiers de voir ces projets concrets porter leurs fruits. « L’idée derrière ça, c’est de montrer des exemples de transition de la communauté vers le développement durable », conclut Guillaume Maziade.

Source : https://www.lequotidien.com/actualites/une-serre-nordique-avec-un-role-educatif-au-cegep-de-saint-felicien-a6ccd40fe336487fc9f922863a97e7fb?fbclid=IwAR1xiwKbwEDd8QfN2MX8KH8MkkwZ7GJiPUv7E7xgOJ9ZBGUkal0_xKynZFE

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